Le mot de Laguille

On dira d’entrée que ce mot ne s’adresse pas à toi, déjà vrai supporter de longue date.

Pas à toi, l’aficionados qui traverse la France, pour suivre tes couleurs, en famille, en couple, en bandes, ni à toi qui vibre pour ton club de naissance, en Top 14 ou le dimanche à 15h, dans les bastions du rugby amateurs, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, ni à toi qui vend bénévolement les tickets de la bourriche pour faire rentrer des sous dans les caisses de ton club de coeur. Encore moins à toi, l’ancien, qui après une grande carrière, revient donner le coup de main dans ton club d’origine et surtout pas à toi qui depuis des lustres, casse sa tirelire pour suivre le maillot frappé du coq jusqu’au bout du monde.

Non, toi tu connais le rugby, ses valeurs et tout ce qu’il t’a apporté dans ta vie.

Non, ce mot s’adresse à tous ceux qui débarquent aujourd’hui. Le virus « rugby » se propage, le seul virus qui ne fait de mal à personne, mieux, le seul qui ne fait que du bien et dont il ne faut surtout pas se soigner.

Alors à celui là, ce nouveau supporter, on dira que tu ne le sais pas encore mais tu es un privilégié, tu appartiens à une famille formidable dont les valeurs dans les tribunes collent à celles sur le terrain. Solidarité, humilité, convivialité, partage et respect. Et si tu n’en es pas sûr, ouvre le dictionnaire des synonymes au mot « supporter ». Tu y trouveras soutenir, porter, endurer, pâtir, subir, éprouver, souffrir, résister, admettre, s’occuper de, encourager, conforter, accepter et que l’un de ses antonymes est « exclure ».

Si tu as compris tout cela, on te souhaite la bienvenue, car on t’aime déjà. Et n’oublie jamais que tu as le droit de déborder mais seulement dans un certain cadre. En rugby, on appelle ça le cadrage débordement…

Philippe “Laguille“ GUILLARD